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Effet Zeigarnik – Pourquoi les tâches inachevées occupent notre esprit… Et comment retrouver clarté et attention…

L’effet Zeigarnik…, ou l’art de fermer les boucles pour alléger sa charge mentale

Vous connaissez peut-être cette scène… Il est 19 h 30. Vous avez enfin fermé votre ordinateur. La journée a été dense, mais productive. Vous rentrez chez vous, préparez le dîner, échangez quelques mots avec vos proches et, pour une fois, vous avez bien l’intention de laisser le travail… au travail.
Et puis, au moment où vous vous brossez les dents, une pensée surgit : « Le mail de Sophie… Je ne lui ai pas répondu. » Vous essayez de passer à autre chose. Deux minutes plus tard : « Et cette présentation pour mardi… Je n’ai toujours pas revu la dernière slide. » Puis, au moment de vous endormir : « Il faudra vraiment que je pense à rappeler Marc demain matin. »
Votre ordinateur est éteint. Votre bureau est loin. Mais votre journée de travail, elle, semble ne pas vouloir se terminer… Et pourquoi certaines petites choses continuent-elles ainsi à flotter dans notre esprit, pour y occuper parfois bien davantage d’espace que des dossiers autrement plus importants que nous avons pourtant terminés ?

La psychologue russe Bluma Zeigarnik a donné son nom à une partie de la réponse…

Notre cerveau n’aime pas beaucoup les histoires sans fin

Dans les années 1920, Bluma Zeigarnik observe un phénomène étonnant chez les serveurs de restaurant : ils semblent capables de garder en mémoire des commandes nombreuses et complexes tant que les clients n’ont pas réglé l’addition. Une fois la commande terminée et payée, en revanche, l’information disparaît beaucoup plus facilement.
De là naîtra ce que l’on appelle l’Effet Zeigarnik : nous gardons bien plus volontiers en mémoire les tâches interrompues ou inachevées, plutôt que celles que nous avons effectivement terminées. Autrement dit, commencer quelque chose crée dans notre esprit une forme de tension vers l’achèvement. Tant que la tâche reste ouverte, une petite sentinelle intérieure continue de monter la garde : Ne pas oublier… Ne pas oublier… Ne pas oublier…
Cela peut être très utile. Car heureusement que notre cerveau se souvient du dossier commencé ce matin ou du rendez-vous que nous devons organiser ! La situation devient néanmoins problématique lorsque les boucles ouvertes sont trop nombreuses. Un mail auquel répondre. Un conflit à régler. Trois décisions en attente. Une note à terminer. Un rendez-vous médical à prendre. Les vacances à organiser. La fuite du robinet. Le cadeau d’anniversaire. Et cette fameuse présentation de mardi… Aucune de ces tâches, prise isolément, n’est forcément considérable. Mais chacune conserve un droit d’entrée dans notre espace mental. Et les locataires finissent parfois par être nombreux… !

Nous ne sommes pas seulement fatigués de ce que nous faisons…

… Nous sommes aussi fatigués de tout ce que notre cerveau essaie de ne pas oublier. Et c’est là une dimension très concrète de la charge mentale. Une tâche abandonnée « en cours de route » peut susciter des pensées intrusives qui viennent parasiter l’activité suivante. La tension associée à ce qui n’est pas achevé reste présente, et ce qui nous empêche d’être pleinement disponible à autre chose. Voilà pourquoi une journée passée à sauter d’un sujet à l’autre peut nous laisser étrangement épuisés, alors même que nous avons le sentiment de n’avoir « rien terminé ».

Et vous, cette semaine ?

« Prenez soin de votre esprit… et gardez un peu de place pour la vie ! »

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